Mobilier.ch

Mobilier pour open space : les valeurs suisses à respecter

· Mobilier.ch

En Suisse, l’aménagement d’un bureau paysager n’est pas qu’une affaire de goût : l’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail fixe des obligations, et le SECO publie des valeurs indicatives chiffrées pour les surfaces, le bruit, l’éclairage et le climat des locaux. Retenez cinq repères avant toute commande de mobilier : comptez 10 à 25 m² par poste tout compris, gardez 1,5 m² de surface libre par personne en plus des meubles, prévoyez des voies de circulation d’au moins 1,20 m dès six utilisateurs, visez un bruit de fond inférieur ou égal à 40 dB(A) et un éclairement d’au moins 500 lux dans le champ de vision. Le reste de cet article explique d’où viennent ces chiffres, comment les vérifier sur un plan, et ce que le mobilier peut ou ne peut pas corriger.

Ce que dit le droit suisse, et ce qui n’est qu’une recommandation

La base légale est l’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail (OLT 3, RS 822.113). Trois articles concernent directement le mobilier d’un plateau ouvert.

L’article 23 pose le principe général : « Les postes de travail et les équipements doivent être conçus et aménagés conformément aux principes de l’ergonomie. » La formulation est courte, mais elle rend l’employeur responsable du résultat, pas seulement de l’achat.

L’article 24 précise. L’alinéa 1 exige un espace libre suffisant autour des postes pour se mouvoir librement. L’alinéa 2 demande que les postes permanents permettent une position naturelle du corps, avec des sièges « confortables et adaptés au travail à effectuer ainsi qu’au travailleur », et des accoudoirs ou repose-pieds au besoin. L’alinéa 3 impose d’aménager les postes de manière à permettre, si possible, de travailler assis ou alternativement assis et debout. L’alinéa 5 exige la vue sur l’extérieur depuis tout poste permanent, sauf mesures particulières de construction ou d’organisation.

L’article 22 traite du bruit et des vibrations : ils « doivent être évités ou combattus », par des mesures de construction, des mesures sur les installations d’exploitation, l’isolation acoustique ou l’isolement des sources, et des mesures d’organisation du travail. L’ordre de cette énumération compte, car il place l’organisation en dernier recours plutôt qu’en solution unique.

Tout le reste, les 40 dB(A), les 500 lux, les 10 à 25 m², relève du commentaire du SECO. Ce commentaire n’est pas une loi, mais l’article 38 de l’OLT 3 lui donne un poids réel : l’employeur qui se conforme aux directives est présumé avoir satisfait à ses obligations. Il peut s’en écarter, à condition de prouver que la protection de la santé reste garantie. En pratique, un inspecteur cantonal du travail arrive avec ces valeurs en main.

Les documents de référence sont la brochure Bureaux paysagers, protection de la santé des collaborateurs (SECO, 2024, numéro de commande 710.240.f) et le commentaire des ordonnances 3 et 4, un PDF de plus de dix mégaoctets qui contient les annexes techniques. Les deux sont téléchargeables gratuitement.

Le seuil des six personnes change tout

Le commentaire de l’article 22 classe les locaux de bureau en trois groupes acoustiques : groupe 1 pour les bureaux individuels et les laboratoires, groupe 2 pour les bureaux occupés par plusieurs personnes, groupe 3 pour les bureaux paysagers, définis comme « tout bureau comptant plus de 6 collaborateurs ».

Ce seuil de six a des conséquences concrètes. Il déclenche la largeur de circulation de 1,20 m au lieu de 0,80 m. Il fait basculer le local dans une catégorie où le SECO admet un bruit de fond légèrement plus élevé, tout en exigeant un traitement acoustique plus soutenu. Et c’est aussi ce seuil qu’utilisait l’étude danoise de Pejtersen et de ses collègues, publiée en 2011 dans le Scandinavian Journal of Work, Environment and Health : sur 2403 employés de bureau, les occupants de plateaux de plus de six personnes déclaraient 62 % de jours d’absence maladie en plus que les occupants de bureaux individuels (rapport de taux 1,62, intervalle de confiance à 95 % de 1,30 à 2,02), après ajustement pour l’âge, le sexe, le statut socio-économique, l’IMC, l’alcool, le tabac et l’activité physique. Il s’agit d’une enquête transversale par questionnaire, donc d’une association et non d’une preuve de causalité, mais l’effet est graduel : plus il y a d’occupants, plus l’absentéisme déclaré monte.

Une note pour tempérer l’argument de la collaboration. Bernstein et Turban ont suivi, dans deux sièges d’entreprise passant à l’open space, les interactions réelles de collaborateurs équipés de capteurs portés et de journaux de messagerie. Leur étude parue en 2018 dans les Philosophical Transactions of the Royal Society B montre une baisse d’environ 70 % des interactions en face à face, compensée par une hausse des courriels et de la messagerie instantanée. L’ouverture spatiale n’a pas produit mécaniquement plus d’échanges directs. Deux terrains ne suffisent pas à généraliser, mais l’argument « moins de murs égale plus de collaboration » ne devrait plus être avancé sans nuance devant une direction.

Calculer la surface avant de choisir les meubles

C’est l’erreur la plus fréquente et la plus coûteuse : commander le mobilier, puis constater que le plateau ne l’absorbe pas sans grignoter les circulations.

Le commentaire de l’article 24 raisonne par addition de surfaces. Un poste de travail à l’écran avec équipement minimal, sans aucun rangement de proximité, réclame au minimum 6 m² de surface au sol d’un seul tenant, part de circulation comprise. Un rangement de proximité ajoute environ 2 m². Un poste équipé de façon moyenne, avec archivage, se situe donc entre 8 et 10 m².

Pour un bureau paysager, la brochure du SECO donne une fourchette différente parce qu’elle intègre les usages annexes : 10 à 25 m² par poste, en comptant proportionnellement les circulations, les escaliers, les salles et îlots de conférence, les postes séparés et les locaux sociaux. Un plateau de 400 m² accueille donc raisonnablement entre 16 et 40 personnes selon le programme, pas davantage. Si votre plan affiche 8 m² par personne pour un vrai bureau paysager, il manque les surfaces communes quelque part.

À cela s’ajoute une règle indépendante du type de travail : chaque collaborateur doit disposer d’au moins 1,5 m² de surface libre à son poste, en plus de la place occupée par les meubles. C’est cette surface qui disparaît la première quand on ajoute un caisson ou un écran acoustique après coup.

Les espacements minimaux tiennent en cinq lignes, à garder sous les yeux pendant la lecture d’un plan.

  • Accès à un poste individuel et possibilité d’entretien : 0,60 m. C’est le cas exceptionnel, admis seulement si personne d’autre ne passe par là. Le cas normal est de 0,80 m.
  • Voie de circulation pour 1 à 5 personnes : 0,80 m.
  • Voie de circulation pour 6 personnes et plus : 1,20 m.
  • Voie de circulation accessible en fauteuil roulant, accès au poste compris : 0,90 m. Un poste conçu pour un fauteuil roulant demande en plus une surface libre carrée d’au moins 1,50 m de côté pour manœuvrer.
  • Voie d’évacuation : 1,20 m, avec un concept validé par l’autorité cantonale de protection incendie.

Deux détails passent souvent à la trappe. Le premier : la surface nécessaire à l’ouverture des tiroirs et des portes de placard s’ajoute à l’espace de mouvement minimal, elle ne s’y superpose pas. Le commentaire retient environ 60 cm d’espacement fonctionnel devant un caisson, et 100 cm d’espace de mouvement depuis le bord de la table. Le second : les voies de circulation et d’évacuation ne peuvent pas être empiétées par ces débattements. Un meuble à portes battantes placé le long d’un couloir d’évacuation de 1,20 m est un problème de conformité, pas un détail d’ergonomie. Les mêmes questions se posent pour les matériaux, et nous les traitons dans notre article sur les preuves de comportement au feu à demander pour du mobilier professionnel.

Enfin, la vue sur l’extérieur de l’article 24 alinéa 5 se traduit par une contrainte d’allège : la distance entre le sol et le début du vitrage ne doit pas dépasser 1,20 m pour un travail assis et 1,50 m pour un travail debout. Une étagère haute ou un panneau acoustique placé devant une fenêtre peut ruiner cette conformité pour toute une rangée de postes.

L’acoustique : ce qui se mesure, et ce qui se ressent

Le bruit est la plainte numéro un en bureau paysager, et le SECO note un point que les fournisseurs de mobilier mentionnent rarement : ce qui dérange n’est pas seulement le volume, c’est l’intelligibilité de la parole. Des conversations à voix basse, voire de simples fragments de conversation, suffisent à déconcentrer. Le commentaire est explicite : seules de hautes cloisons isolantes entre les postes règlent vraiment le problème, et elles le font au détriment de la communication. Il n’existe donc pas de solution mobilière qui donne à la fois le calme d’un bureau fermé et les échanges d’un plateau ouvert.

Trois familles de valeurs indicatives encadrent le sujet.

Le bruit de fond, c’est-à-dire les bruits étrangers venant de la ventilation, du chauffage, des compresseurs ou du trafic extérieur, ne doit pas dépasser un niveau continu Leq,1h de 40 dB(A) pour les groupes 1 et 2, et de 45 dB(A) pour le groupe 3. Le commentaire précise qu’un fond uniforme allant jusqu’à environ 40 dB(A) a fait ses preuves, et qu’un niveau de 45 dB(A) peut se justifier pour réduire l’intelligibilité de la parole, mais qu’il doit être introduit avec prudence à cause de son acceptation par les occupants. La brochure de 2024 retient pour sa part la valeur unique de 40 dB(A) pour les bureaux paysagers. Autrement dit, 40 dB(A) est l’objectif de conception raisonnable, et les 45 dB(A) sont une marge argumentée, pas un droit acquis.

Les bruits d’exploitation, eux, ne devraient pas dépasser Leq,1h de 55 dB(A) dans les bureaux (65 dB(A) dans les laboratoires). On est très loin des seuils de risque pour l’ouïe : ici, l’enjeu est la concentration et la fatigue, pas la surdité.

Le troisième indicateur est le moins connu et le plus utile en phase de projet : le rapport A/V, entre l’aire d’absorption acoustique équivalente et le volume du local. Pour les groupes 2 et 3, le commentaire demande A/V supérieur ou égal à 0,25 m⁻¹ lorsque la hauteur du local ne dépasse pas 2,5 m. Au-delà de 2,5 m, la valeur suit la formule A/V ≥ [2,13 + 4,69 lg (h/1 m)]⁻¹, où h est la hauteur en mètres et lg le logarithme décimal. La formule se raccorde à la valeur fixe : à h = 2,5 m elle donne 0,250 m⁻¹, et à 3 m elle descend à environ 0,229 m⁻¹. Attention à l’interprétation : c’est le rapport qui baisse, pas l’absorption à installer. Un plateau de 400 m² sous 2,5 m représente 1000 m³ et demande donc au moins 250 m² d’aire d’absorption équivalente ; le même plateau sous 3 m fait 1200 m³ et en demande environ 275 m². Un plafond plus haut coûte plus cher en traitement acoustique en valeur absolue, même si le ratio exigé est plus doux.

L’aire d’absorption A inclut les surfaces qui délimitent le local, le mobilier et l’absorption de l’air, mais pas les personnes. C’est un point capital pour un projet d’ameublement : les panneaux, les rideaux, les cloisonnettes et les assises tapissées comptent réellement dans le calcul. Le SECO ajoute une soupape de réalisme : même face à des exigences énergétiques élevées, qui imposent de laisser des masses de béton apparentes pour l’inertie thermique, il est possible d’atteindre au moins 75 % des ratios A/V indiqués. La mesure et le calcul relèvent d’un acousticien, avec la norme EN 12354-6 pour le calcul et la SN EN ISO 3382-3, reprise en Suisse sous la référence SIA 181.084, pour le mesurage en bureau ouvert. Le commentaire renvoie aussi à la VDI 2569 pour le zonage et aux normes françaises NF S 31-080 et NF S 31-199.

Concrètement, le SECO recommande de séparer les postes bruyants des postes silencieux, d’isoler les zones génératrices de bruit comme les emplacements d’imprimantes, de placer côte à côte les personnes qui doivent beaucoup communiquer entre elles, de multiplier les lieux de retrait (box de repos, salles de discussion, cabines téléphoniques) et de monter plafonds et parois phonoabsorbants. Nous détaillons les arbitrages sur les séparations dans notre analyse des cloisons amovibles et de ce qu’elles isolent vraiment, et le fonctionnement des box fermés dans notre article sur les cabines acoustiques plug-in. Les principes d’absorption sont les mêmes à domicile, comme l’explique notre guide du mobilier acoustique pour réduire le bruit à la maison.

Le commentaire liste enfin des règles de comportement qui ont fait leurs preuves : parler doucement, y compris au téléphone ; tenir les entretiens brefs à distance rapprochée ; se déplacer en salle de réunion pour les échanges longs ; utiliser un casque avec les appareils sonores ; dévier sa ligne ou activer le répondeur en cas d’absence ; mettre les mobiles en silencieux. Ces règles ne remplacent pas l’acoustique du local, elles s’y ajoutent, et le SECO rappelle que même dans un local à l’acoustique idéale, un comportement approprié reste indispensable.

Éclairage : 500 lux, et une ambiguïté à connaître

Le commentaire de l’article 15 et la brochure fixent un éclairement d’au moins 500 lux dans le champ de vision, pendant toute la durée du travail. Ce champ de vision englobe l’écran, la surface de travail, la pièce et la vue sur l’extérieur, avec des allers-retours visuels constants. L’uniformité suit le commentaire de l’article 15 et la limitation de l’éblouissement la norme SN EN 12464-1.

Un point mérite d’être signalé honnêtement, parce qu’il prête à confusion. L’encadré « valeurs indicatives » de la brochure du SECO indique une température de couleur de 5300 à 6500 K, alors que le corps du texte, deux pages plus loin, recommande pour les bureaux du blanc neutre « dans le domaine de 3300 K à 5300 K » afin de limiter la part de lumière bleue. Les deux plages ne se recoupent qu’à 5300 K. En cas de doute lors d’un appel d’offres, demandez à votre fournisseur d’éclairage de se référer explicitement au commentaire de l’article 15 et à la SN EN 12464-1 plutôt qu’à un chiffre isolé. Sur les systèmes à température variable, notre comparatif Tunable White contre RGB pour le bureau détaille ce que chaque technologie apporte réellement. Le SECO reste prudent sur ces dispositifs : les programmes de lumière reproduisant le parcours du soleil peuvent être perçus positivement, mais leurs effets directs sur la santé « ne sont pas encore établis scientifiquement de manière univoque ».

Sur un plateau ouvert, la lumière naturelle varie fortement entre le centre et les façades. Le centre demande plus d’éclairage artificiel ; les postes proches des fenêtres demandent une protection solaire par stores ou jalousies réglables, si possible extérieures. Deux règles d’implantation évitent la majorité des plaintes : ne placez pas un poste dos à la fenêtre, et orientez les bureaux perpendiculairement aux vitrages. Les luminaires individuels complètent utilement l’éclairage général, à condition qu’ils n’éblouissent pas le voisin.

Climat et qualité de l’air : les valeurs à inscrire au cahier des charges

Ces paramètres échappent au mobilier, mais ils conditionnent le confort perçu et ils apparaissent dans les mêmes contrôles. Autant les connaître avant de signer.

La température ambiante indicative est de 21 à 23 °C en hiver et de 23 à 26 °C en été. Un dépassement provisoire des 26 °C est admis en plein été, moyennant des mesures compensatoires, un rappel de s’hydrater et une adaptation possible des horaires et des pauses. L’humidité relative se situe entre 30 et 50 % en hiver et entre 30 et 60 % en été ; sous 30 %, les plaintes s’accumulent (yeux et muqueuses secs, toux, décharges électrostatiques), mais le SECO déconseille l’humidification pour des raisons d’énergie et d’hygiène et suggère notamment des plantes.

La vitesse de l’air ne devrait pas dépasser 0,13 m/s à 21 °C ou moins (0,11 m/s pour les personnes sensibles) et 0,18 m/s au-delà de 26 °C (0,14 m/s pour les personnes sensibles). La qualité de l’air se juge à la concentration de CO₂, avec une valeur indicative inférieure ou égale à 1000 ppm. Le confort thermique global s’évalue selon la DIN EN ISO 7730 avec l’indice PMV, à maintenir dans une plage de ± 0,5, et le taux d’insatisfaits PPD, à maintenir sous 10 %.

Deux conséquences directes pour un projet d’ameublement. D’abord, le SECO recommande d’utiliser des équipements, du mobilier et des appareils pauvres en émissions, et de placer les imprimantes dans des emplacements bien ventilés, à l’écart des personnes, à cause des poussières, des composés organiques volatils et de l’ozone. Ensuite, le mobilier modifie les flux d’air : le commentaire cite explicitement les constructions intérieures et le mobilier parmi les causes fréquentes de dysfonctionnement d’une installation de ventilation. Une cloison haute posée après coup en travers d’une diffusion d’air se paie en courants d’air ou en zones mortes. Notez aussi qu’une installation neuve demande un temps de réglage de 6 à 12 mois : les plaintes de la première année ne signifient pas forcément que le système est mal dimensionné.

Choisir le mobilier : ce qui compte vraiment

Une fois le cadre posé, les décisions d’achat se hiérarchisent assez simplement.

Le siège vient en premier, parce que l’article 24 alinéa 2 l’exige nommément et parce qu’il est le seul meuble en contact permanent avec le corps. Un modèle ajustable ne sert à rien si personne ne sait le régler : notre guide du réglage idéal d’une chaise ergonomique couvre les points à transmettre lors de l’installation.

La table réglable en hauteur vient ensuite, non pas comme gadget mais parce que l’alinéa 3 demande d’aménager les postes pour permettre l’alternance assis-debout lorsque c’est possible. Les bénéfices santé de cette alternance sont plus modestes que ce que la publicité laisse entendre, et nous avons rassemblé l’état des preuves dans notre article sur le bureau assis-debout.

Viennent enfin les éléments acoustiques et les rangements, à traiter ensemble parce qu’ils se disputent la même surface et la même hauteur libre. Une armoire basse bien placée absorbe, sépare visuellement et libère les bureaux ; une cloisonnette haute mal placée coupe la lumière du jour et compromet la vue sur l’extérieur exigée par l’alinéa 5. Pour l’ensemble de la démarche de sélection et de test, notre dossier sur le mobilier de bureau professionnel ergonomique détaille la méthode. Les zones d’accueil et de réception obéissent à d’autres logiques, décrites dans notre article sur le mobilier d’accueil pour entreprises. Si le budget d’investissement bloque le projet, les règles applicables au financement et au leasing de meubles en Suisse méritent d’être vérifiées avant de renoncer à la qualité des sièges.

Conduire le projet : les quatre phases du SECO

La brochure décrit une séquence en quatre temps, et rappelle qu’il est recommandé de faire appel à un expert pour chacune.

La conception commence par l’analyse des besoins : quelles activités seront réalisées, quels sont les besoins des employés, quelles exigences en découlent pour les postes, quelles dispositions légales s’appliquent et à quels dangers les employés seront exposés. On y ajoute les facteurs propres à l’entreprise : effectif, structure, culture, procédures, ressources.

La planification couvre l’aménagement, mais aussi les flux, les collaborations internes, les outils de travail, l’organisation du travail et l’ergonomie. L’employeur doit former les employés aux nouvelles conditions de travail avant leur mise en œuvre effective, et non après le déménagement.

La mise en œuvre suit un plan d’action coordonné entre les acteurs clés. Le suivi et l’évaluation démarrent une fois les collaborateurs installés, pour évaluer la transition, les nouvelles conditions de travail, les problèmes éventuels et leurs effets sur la santé.

Le SECO insiste sur une démarche participative et itérative : informer et consulter les collaborateurs, surtout en conception et en planification, puis ajuster régulièrement. La brochure liste les questions à trancher avant de dessiner : quelles activités, quels outils, qui utilise les locaux et à quelle fréquence, quels besoins, quelles exigences en résultent pour l’aménagement, quelles particularités, quelles relations fonctionnelles entre équipes. Sans ces réponses, prévient le texte, on risque des mesures correctives coûteuses a posteriori.

Les erreurs qui reviennent le plus souvent

Le commentaire et la brochure signalent plusieurs pièges récurrents, qui ont tous en commun d’apparaître après la livraison.

Une utilisation qui ne correspond plus à la planification : des postes debout installés à la place de postes assis, des étagères hautes ou des parois acoustiques ajoutées qui bloquent la lumière du jour, un effectif supérieur au calcul initial, des charges thermiques non prévues. Un réagencement des postes qui déplace les gens hors des zones de diffusion d’air et d’éclairage prévues. Une protection insuffisante contre l’éblouissement direct, y compris celui du luminaire d’un collègue. Des lignes téléphoniques de postes inoccupés qui sonnent dans le vide. Des zones de passage, de pause ou de cafétéria implantées trop près des postes de travail, et de la circulation dans le dos des collaborateurs, un point que le SECO signale comme souvent mal vécu et à éviter.

Un dernier avertissement, écrit noir sur blanc dans la brochure : le respect des valeurs indicatives n’exclut pas les plaintes. Elles définissent un environnement dont on peut dire qu’il ne préoccupe pas pour la santé, pas un environnement dont tout le monde sera satisfait. Le SECO le formule aussi pour le confort thermique : même dans des conditions optimales, l’ensemble des occupants d’un local sont rarement satisfaits, et c’est précisément pourquoi la cible PPD est fixée à 10 % d’insatisfaits et non à zéro.

Sources principales