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Cloisons amovibles : ce qu'elles isolent vraiment, et ce que dit le droit suisse

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Une cloison amovible sépare deux zones sans toucher à la structure du bâtiment. C’est sa force et sa limite. Elle se pose en quelques heures, se démonte, se réutilise ailleurs, mais elle ne remplace pas un mur maçonné du point de vue acoustique, thermique ou coupe-feu, sauf à choisir un système lourd et à le poser correctement.

En Suisse, trois questions décident du projet avant même le choix d’un modèle : combien de décibels faut-il réellement atténuer, quelle réaction au feu le matériau doit-il présenter selon les prescriptions de l’AEAI, et qui doit donner son accord si vous êtes locataire. Le reste, finitions, teintes, transparence, se décide ensuite.

Cet article traite ces trois points avec les textes et les chiffres correspondants, puis passe aux critères de choix concrets, à la pose et aux erreurs coûteuses.

Ce qu’est une cloison amovible, et ce qu’elle n’est pas

Une cloison amovible n’est pas porteuse. Elle ne reprend aucune charge du bâtiment et se fixe sur le sol, le plafond ou les deux, souvent par des profils, des rails ou des vérins. Le vocabulaire de la branche distingue plusieurs familles qui n’ont pas du tout les mêmes performances :

Cloison de système (ou cloison modulaire fixe). Panneaux montés sur ossature, démontables mais destinés à rester en place plusieurs années. C’est la catégorie qui atteint les meilleures performances acoustiques. Le système Strähle 2000 en version pleine, par exemple, annonce un indice d’affaiblissement Rw,p de 45 à 56 dB selon la configuration, jusqu’à 57 dB en exécution spéciale, pour une épaisseur de 100 ou 125 mm et une hauteur de local allant jusqu’à 6 m (fiche technique Strähle).

Cloison vitrée de système. Même logique d’ossature, remplissage en verre. Les performances chutent : le même fabricant indique 30 à 52 dB pour sa version vitrée, jusqu’à 54 dB en 125 mm (fiche verre Strähle). L’écart entre 30 et 52 dB n’est pas un détail de catalogue, c’est la différence entre entendre distinctement une conversation et n’en percevoir qu’un murmure.

Mur mobile (cloison mobile repliable). Panneaux suspendus à un rail au plafond, manœuvrés à la main, en semi-automatique ou par motorisation, que l’on repousse dans un placard de rangement. Clestra annonce pour sa gamme Operable Wall un affaiblissement de 38 à 54 dB, des panneaux coupe-feu EI 30 et une réaction au feu de classe B-s2, d0 (murs mobiles Clestra). C’est la solution des salles polyvalentes, des salles de réunion divisibles et des espaces de séminaire.

Paravent et panneau autoportant. Aucune fixation, aucune étanchéité périphérique, donc aucune isolation acoustique digne de ce nom. Le panneau coupe la vue et absorbe une part de la réverbération dans son axe, rien de plus. C’est un objet de mobilier, pas un élément de construction. Notre article sur le mobilier acoustique à la maison détaille ce que ces éléments peuvent et ne peuvent pas faire.

La confusion entre ces quatre familles est la première source de déception. Un client qui commande un paravent en espérant la discrétion d’une cloison de système sera mécontent, et il aura raison.

L’acoustique : deux problèmes distincts qu’on confond tout le temps

L’isolement acoustique et la correction acoustique sont deux sujets différents. Une cloison agit surtout sur le premier.

L’isolement mesure ce qui passe d’un local à l’autre. Il s’exprime par un indice d’affaiblissement pondéré, Rw pour l’élément mesuré en laboratoire, R’w pour la performance obtenue une fois posé dans le bâtiment. La valeur de chantier est toujours inférieure à la valeur de laboratoire, parfois de 5 à 10 dB, à cause des transmissions latérales par le sol, le plafond suspendu, les gaines techniques et les jonctions imparfaites.

La correction concerne la réverbération à l’intérieur d’un même local. Elle se traite avec des surfaces absorbantes : panneaux muraux, plafond acoustique, tapis, rideaux. Une cloison vitrée, très réfléchissante, dégrade la correction acoustique du local qu’elle borde même quand elle en améliore l’isolement.

En Suisse, la norme de référence pour la protection contre le bruit dans le bâtiment est la SIA 181, dont l’édition 2020 est en vigueur depuis le 1er novembre 2020. Elle porte le numéro SN 520181, compte 40 pages et coûte 150 francs auprès de la SIA. Elle fixe les exigences d’isolation entre unités d’utilisation, contre les bruits aériens et les bruits de choc. Elle ne s’applique pas de la même manière à une séparation interne à un logement qu’à la limite entre deux appartements. Une cloison amovible qui divise un séjour ne crée pas une nouvelle unité d’utilisation et n’est donc pas soumise aux mêmes exigences qu’un mur mitoyen. Elle reste toutefois soumise à la logique de la norme si elle sépare des usages réellement distincts, par exemple un cabinet professionnel installé dans un appartement.

Côté législation fédérale, l’Office fédéral de l’environnement rappelle la distinction entre valeurs limites d’immission, qui décrivent le niveau admissible là où le bruit produit ses effets, et valeurs limites d’émission, qui portent sur la source. Ces valeurs concernent le bruit extérieur, pas la séparation interne d’un local, ce qui explique qu’aucune valeur limite fédérale ne s’applique directement à votre cloison de salon.

Quel chiffre viser selon l’usage

Ces ordres de grandeur reflètent les performances annoncées par les fabricants cités et les usages courants de la branche. Ils ne remplacent pas une étude acoustique.

Usage Performance de l’élément Famille adaptée
Séparer visuellement un coin bureau dans un séjour Aucune exigence particulière Paravent, meuble haut, cloison légère
Réduire la gêne d’un appel téléphonique voisin Environ 30 à 38 dB Cloison vitrée simple, mur mobile d’entrée de gamme
Salle de réunion à confidentialité normale Environ 40 à 48 dB Cloison de système pleine ou vitrée haute performance
Entretien confidentiel, RH, médical, juridique 50 dB et plus, avec traitement des flancs Cloison de système pleine, jonctions étanchées

La confidentialité de la parole fait aussi l’objet d’une norme dédiée au mobilier : l’ISO 23351-1:2020 décrit une méthode de laboratoire pour mesurer la réduction du niveau de la parole obtenue par des ensembles de meubles et des enceintes fermées, c’est-à-dire précisément les cabines et les bulles de réunion. Une partie 2, consacrée à la méthode in situ, était encore au stade de projet final (FDIS) lors de notre consultation du catalogue de l’Association Suisse de Normalisation (recherche SNV). Si vous hésitez entre cloisonner et poser une cabine, notre article sur les cabines acoustiques plug-in compare les deux logiques.

Le point faible : les jonctions

Une cloison à 50 dB posée avec un jour de 5 mm en pied ne vaut pas 50 dB. Le son passe par le trou, exactement comme l’eau. Trois zones décident du résultat réel :

  • Le pied. Un sol irrégulier ou une chape non nivelée crée un espace continu sous les panneaux. Il faut un profil réglable et un joint compressible.
  • La tête. Sous un faux plafond, le son contourne la cloison par le plénum. Sans prolongement du panneau ou sans barrière acoustique dans le plénum, la performance chute massivement.
  • Les traversées. Prises électriques dos à dos, gaines de ventilation, passages de câbles. Chaque percement non traité annule une partie du travail.

C’est pourquoi les fabricants indiquent des valeurs de laboratoire avec la mention explicite du montage testé. Comparer deux catalogues sans regarder la configuration d’essai n’a aucun sens.

Réaction au feu : ce qui est réellement obligatoire en Suisse

C’est le domaine où l’improvisation coûte le plus cher, et le domaine le plus mal compris.

Les prescriptions suisses de protection incendie sont éditées par l’Association des établissements cantonaux d’assurance incendie (AEAI). Elles se composent d’une norme et de directives, déclarées obligatoires et mises en vigueur par l’Autorité intercantonale des entraves techniques au commerce (prescriptions AEAI). Elles ne sont donc pas de simples recommandations.

Une publication de l’AEAI du 26 janvier 2026 sur les matériaux de construction précise la marche à suivre, en trois étapes (note AEAI sur les matériaux de construction) :

  1. Une preuve de réaction au feu est obligatoire pour tout matériau de construction. Elle s’appuie sur la norme EN 13501-1 ou sur les conditions d’essai AEAI, dites indice d’incendie. Point important pour qui achète à l’étranger : les preuves fondées sur d’autres conditions d’essai, la DIN 4102-1 allemande par exemple, ne sont pas prises en compte en Suisse. Un panneau vendu comme conforme outre-Rhin peut ne rien valoir devant une autorité cantonale.
  2. Le classement détermine la catégorie de réaction au feu (RF), selon la directive de protection incendie AEAI 13-15, chiffre 2.4.
  3. La catégorie RF détermine les usages admis, selon la directive 14-15. La règle la plus tranchante figure au chiffre 2, alinéa 2 : les matériaux dont la réaction au feu est critique (cr) ne doivent pas être utilisés du côté intérieur des bâtiments sans couverture de toute la surface.

La preuve prend la forme d’une déclaration des performances pour les produits relevant du domaine harmonisé européen, ou d’une reconnaissance AEAI, ou d’un renseignement technique AEAI, avec inscription au répertoire de la protection incendie. Ce répertoire est consultable librement sur bsronline.ch : vous pouvez y vérifier vous-même, avant de signer, si le système que l’on vous propose y figure.

En pratique, cela signifie deux choses. Dans un logement privé, les exigences restent modérées pour une séparation intérieure sans fonction de compartimentage, mais le matériau doit tout de même être classable. Dans un local commercial, un bureau ouvert au public, un établissement recevant du monde ou un couloir d’évacuation, l’autorité de protection incendie cantonale peut exiger un classement précis et un système coupe-feu certifié. C’est là que les mentions EI 30, F 30 ou F 90 des catalogues prennent leur sens : elles décrivent la durée pendant laquelle l’élément conserve son étanchéité et son isolation face au feu.

Un point mérite d’être clair : un revêtement décoratif ajouté après coup, tissu tendu, liège collé, panneau de bois non traité, peut faire sortir l’ensemble du classement d’origine. La certification porte sur le système complet tel qu’il a été essayé, pas sur son ossature seule.

Le cadre juridique du locataire

En Suisse, environ six ménages sur dix sont locataires, et la cloison amovible attire justement parce qu’elle semble réversible. Le Code des obligations est pourtant explicite.

L’article 260a alinéa 1 CO dispose que le locataire n’a le droit de rénover ou de modifier la chose qu’avec le consentement écrit du bailleur. Un accord oral, un échange de messages ambigus ou le silence de la régie ne suffisent pas.

L’alinéa 2 protège ensuite le locataire d’une manière que beaucoup ignorent : lorsque le bailleur a donné son consentement, il ne peut exiger la remise en état que s’il en a été convenu par écrit. Autrement dit, un accord écrit sans clause de remise en état vous dispense en principe de démonter. À l’inverse, une modification faite sans accord vous expose pleinement.

L’alinéa 3 va plus loin : si la chose présente à la fin du bail une plus-value considérable résultant de la modification acceptée par le bailleur, le locataire peut exiger une indemnité pour cette plus-value. La barre du « considérable » est haute et une cloison démontable la franchit rarement, mais la règle existe.

À la restitution, l’article 267 alinéa 1 CO impose de rendre la chose dans l’état qui résulte d’un usage conforme au contrat. L’article 267a ajoute que le bailleur doit vérifier l’état et signaler immédiatement les défauts dont le locataire répond, faute de quoi ce dernier est déchargé de toute responsabilité, sauf pour les défauts non décelables lors des vérifications usuelles.

La conséquence pratique est simple. Si votre cloison se fixe par vérins entre sol et plafond, sans percement, l’affaire reste généralement dans le champ de l’usage normal. Dès que vous percez une chape, un plafond ou un mur pour fixer un rail, vous modifiez la chose louée et vous entrez dans le champ de l’article 260a. Demandez un accord écrit qui mentionne explicitement si la remise en état est exigée ou non, et faites-le avant les travaux, pas après. Ceux qui meublent pour louer trouveront des considérations voisines dans notre article sur le mobilier de location meublée.

Pour les propriétaires, une autorisation de construire n’est en principe pas requise pour une séparation intérieure qui ne modifie ni le volume, ni la surface habitable, ni la destination du bâtiment. Le canton de Genève indique ainsi que les travaux à l’intérieur d’une villa ne nécessitent pas d’autorisation pour autant qu’ils ne modifient pas la surface habitable (ge.ch, autorisation de construire). La formulation varie d’un canton à l’autre et la création d’une pièce supplémentaire, notamment d’une chambre, change la donne. Un appel au service des constructions communal coûte cinq minutes et évite des mois de procédure.

Sur le lieu de travail : les obligations de l’employeur

Cloisonner un bureau n’est pas un choix purement esthétique. L’ordonnance 3 relative à la loi sur le travail impose des minimums qu’une cloison mal placée peut faire basculer dans l’illégalité.

L’article 12 OLT 3 fixe le volume d’air minimum par travailleur : 12 m³, ramenés à 10 m³ au minimum lorsque la ventilation artificielle est suffisante. Une cloison qui isole un poste dans un recoin de 2 m sur 2 sous 2,5 m de plafond donne 10 m³ : c’est à la limite, et seulement avec une ventilation mécanique correcte.

L’article 15 est encore plus contraignant. Les locaux de travail doivent être éclairés naturellement. Les locaux sans éclairage naturel ne peuvent servir de locaux de travail que si des mesures de construction ou d’organisation particulières assurent le respect global des exigences de protection de la santé. C’est l’argument technique le plus solide en faveur des cloisons vitrées ou à imposte : elles laissent la lumière du jour traverser jusqu’au poste enclavé. Un caisson opaque monté au milieu d’un plateau crée un local aveugle qui pose immédiatement un problème de conformité.

Les articles 16 et 17 imposent une ventilation suffisante et un climat adapté, en évitant les courants d’air incommodants. Une cloison toute hauteur perturbe la diffusion d’air d’un plateau climatisé ; c’est la raison d’être des éléments de transfert d’air (Überströmelemente) proposés en accessoire par les fabricants de cloisons de système.

L’article 22 traite du bruit et des vibrations, qui doivent être évités ou combattus, en mentionnant explicitement l’isolation acoustique et l’isolement des sources de bruit parmi les mesures à prendre. Enfin, les articles 23 et 24 exigent des postes conçus selon les principes de l’ergonomie, avec un espace libre suffisant autour du poste pour se mouvoir librement. Ce point condamne les cloisonnements trop serrés qui gagnent des postes au détriment du dégagement. Notre dossier sur le mobilier pour open space complète ces aspects du côté de l’aménagement.

Le verre : sécurité avant esthétique

La cloison vitrée est populaire précisément parce qu’elle résout le conflit entre cloisonnement et lumière du jour. Elle impose en revanche des vérifications que le verre décoratif ne demande pas.

La norme de référence pour la résistance au choc est la SN EN 12600:2003, également référencée SIA 331.181, qui décrit l’essai au pendule et la classification du verre plat (fiche SNV). Elle est toujours en vigueur. Une cloison à hauteur d’homme, dans un lieu de passage, doit être en verre de sécurité : verre trempé (ESG) ou verre feuilleté (VSG). Le feuilleté a l’avantage de rester en place après bris, ce qui compte pour une cloison verticale que l’on ne veut pas voir s’effondrer d’un bloc.

Le SIGAB, département technique de l’Association Suisse du Verre Plat, publie les directives qui font référence en Suisse pour le verre dans le bâtiment. Il précise lui-même que ses directives reflètent l’état actuel de la technique et qu’il ne s’agit pas de normes mais de recommandations (directives SIGAB). Cette nuance a une conséquence pratique : en cas de litige, une directive SIGAB sert de référence à l’expert sans avoir la force d’une prescription cantonale, contrairement aux directives AEAI. Notre article sur les meubles en verre trempé revient sur les différences entre types de verre.

Trois points pratiques souvent négligés :

  • La visibilité. Une paroi entièrement transparente sur un axe de circulation doit être signalée, par un marquage, un film ou un motif sablé à hauteur de regard. Sans quoi les collisions arrivent, surtout dans les premières semaines.
  • Le nettoyage. Le verre montre tout. Les systèmes à double vitrage avec stores intégrés dans la lame d’air évitent les traces et le remplacement de rideaux, au prix d’une épaisseur et d’un coût plus élevés.
  • La mesure du verre. Un panneau vitré sur mesure ne se recoupe pas après trempe. Une erreur de relevé de 3 mm rend le panneau inutilisable.

Choisir concrètement : la méthode en six étapes

1. Écrivez la fonction avant de regarder les catalogues. « Je veux que les appels vidéo du salon ne réveillent pas l’enfant » est une exigence exploitable. « Je veux séparer la pièce » ne l’est pas.

2. Mesurez avant de commander. Largeur en trois points, hauteur en trois points, aplomb des murs, planéité du sol. Dans les immeubles anciens de Suisse romande, un écart de 2 à 3 cm entre deux extrémités d’une même paroi n’a rien d’exceptionnel. Ces valeurs déterminent si vous avez besoin d’un profil de compensation ou d’un panneau taillé sur place.

3. Vérifiez le support de fixation. Béton, brique, ossature bois, plafond suspendu, chape flottante : chaque support impose une cheville et une charge admissible différentes. Un rail lourd fixé dans un plafond en plaques de plâtre sans renfort finira par descendre. Sur une chape flottante, tout percement traversant crée un pont phonique.

4. Contrôlez la preuve de réaction au feu. Demandez le document, pas la mention commerciale. Vérifiez le numéro AEAI dans le répertoire si le projet touche un local professionnel ou public.

5. Réglez la question juridique. Accord écrit du bailleur si vous êtes locataire, appel au service des constructions si vous créez une pièce.

6. Anticipez la technique. Prises, interrupteurs, éclairage, chauffage, ventilation, détection incendie. Une cloison qui coupe un radiateur en deux crée un déséquilibre thermique. Une cloison qui isole un détecteur de fumée d’un côté du local peut poser un vrai problème de sécurité. Les systèmes à intégration électrique disponibles chez les fabricants de cloisons de système règlent le passage des câbles proprement ; à défaut, prévoyez le cheminement avant la pose, pas après. Le sujet de l’éclairage intégré au mobilier se pose souvent en même temps.

Les erreurs qui reviennent le plus

Acheter sur la valeur dB annoncée sans lire la configuration d’essai. Un même système peut afficher 30 dB ou 52 dB selon le remplissage et l’épaisseur. Le chiffre haut est celui du catalogue, celui du bas est parfois celui de votre devis.

Oublier le plénum. C’est l’erreur la plus fréquente en bureau. Cloison montée jusqu’au faux plafond, plénum libre, son qui passe au-dessus. Le résultat déçoit systématiquement et la correction après coup coûte plus cher que la solution initiale.

Créer une pièce sans fenêtre. Sur le lieu de travail, la conformité à l’article 15 OLT 3 est en cause. Dans un logement, la qualité de vie l’est tout autant, et la revente d’un bien avec une chambre aveugle non conforme au règlement cantonal réserve des surprises.

Négliger la ventilation. Séparer une zone humide, une cuisine ou une salle de bain sans reprise d’air favorise la condensation et les moisissures. C’est là que les composites résistants à l’humidité prennent tout leur sens, et que le bois brut n’a rien à faire.

Choisir un paravent pour un besoin de confidentialité. Répété ici parce que c’est la déception numéro un. Un panneau libre atténue la réverbération dans son axe, il n’isole pas.

Percer sans accord écrit. Le coût de la remise en état à la sortie du bail dépasse souvent le prix de la cloison.

Entretien et durée de vie

L’entretien d’une cloison amovible est faible mais pas nul.

Pour les panneaux pleins mélaminés ou stratifiés, un chiffon microfibre légèrement humide suffit. Évitez les produits abrasifs et les solvants sur les chants, qui sont la partie la plus fragile.

Pour le verre, un nettoyant sans ammoniaque si le vitrage porte un film ou une sérigraphie, l’ammoniaque attaquant certains films au fil du temps.

Pour les rails, le point critique. Un rail encrassé fait forcer le mécanisme, désaligne les chariots et finit par abîmer le panneau. Un dépoussiérage à l’aspirateur avec un embout fin deux à trois fois par an suffit dans un logement, davantage dans un local professionnel. Les murs mobiles motorisés demandent en plus un contrôle périodique du mécanisme par l’installateur : ces systèmes manipulent des panneaux lourds au-dessus de la tête des utilisateurs.

Pour les joints périphériques, vérifiez leur compression une fois par an. Un joint écrasé ou décollé fait perdre plusieurs décibels sans que rien ne se voie.

La durée de vie utile d’une cloison de système bien posée se compte en décennies, et c’est là que se situe son avantage économique réel : les panneaux se démontent et se remontent lors d’un réaménagement, ce qui n’est pas le cas d’une cloison en plaques de plâtre, détruite à chaque changement. Plusieurs fabricants revendiquent d’ailleurs une certification Cradle to Cradle et une déclaration environnementale de produit (EPD) sur cette base. Ces documents décrivent la démontabilité et la séparation des matériaux ; ils ne garantissent pas à eux seuls qu’un système sera effectivement réutilisé, ce qui dépend surtout du soin apporté au démontage.

Alternatives à envisager avant de cloisonner

Cloisonner n’est pas toujours la bonne réponse. Avant de commander, testez trois pistes moins engageantes.

Le meuble séparateur. Une bibliothèque double face, un buffet haut ou un ensemble de casiers structure l’espace, offre du rangement et ne demande aucune fixation. La solution est traitée en détail dans nos articles sur les placards encastrés et les meubles transformables pour studios.

Le rideau lourd sur rail. Un textile épais posé sur un rail plafond coûte peu, s’efface totalement et absorbe une partie des aigus. Il n’isole pas les basses fréquences, celles des voix graves et des machines, mais il coupe la vue et adoucit la réverbération.

La réorganisation. Déplacer le poste de travail contre un mur plutôt qu’au centre, tourner un canapé, changer l’orientation d’un lit : ces gestes gratuits résolvent une partie des problèmes qu’on croyait devoir traiter par une cloison. Notre guide sur le coin coworking à domicile part précisément de cette approche.

Ce qu’il faut retenir

La cloison amovible tient ses promesses quand on la choisit sur des critères techniques et qu’on la pose avec soin. Elle déçoit quand on l’achète sur une photo.

Retenez trois chiffres et trois textes. Les chiffres : une valeur d’affaiblissement toujours lue avec sa configuration d’essai, un volume d’air de 12 m³ par travailleur (10 m³ avec ventilation artificielle suffisante), et un écart de 5 à 10 dB entre laboratoire et chantier qu’il faut anticiper dès le devis. Les textes : la SIA 181 pour l’acoustique du bâtiment, les prescriptions AEAI et leurs directives 13-15 et 14-15 pour la réaction au feu, et l’article 260a CO pour l’accord écrit du bailleur.

Le reste, la teinte du panneau, le fini du profil, le choix entre verre clair et verre dépoli, se décide ensuite, et se change facilement. Les trois points ci-dessus, non.

Sources consultées