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Mobilier pour salles de bain compactes

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Dans une salle de bain de 3 à 4 m², la contrainte n’est presque jamais le manque d’idées de rangement. C’est la combinaison de trois facteurs qui laisse très peu de marge: les dégagements nécessaires devant chaque appareil sanitaire, l’humidité produite par les douches quotidiennes, et le fait qu’en Suisse une part importante des salles de bain se trouvent dans des logements loués, où toute modification durable exige l’accord écrit du bailleur.

Cet article prend le problème dans cet ordre: mesurer, comprendre ce que l’humidité fait au mobilier, choisir des matériaux et des implantations qui tiennent, et savoir ce qu’on a le droit de faire soi-même. Les chiffres cités renvoient à leurs sources: l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) pour l’humidité et les moisissures, l’ordonnance fédérale sur les installations à basse tension pour l’électricité, le Code des obligations pour la location, et energie-environnement.ch, le portail des services cantonaux de l’énergie et de l’environnement, pour la consommation d’eau.

La contrainte de fond: l’humidité, pas la surface

Beaucoup de guides d’aménagement traitent l’humidité comme un détail d’entretien. Dans une petite salle de bain, c’est le paramètre qui détermine ce que vous pouvez poser, où, et combien de temps ça durera.

L’OFSP indique que les problèmes d’humidité et de moisissures touchent près d’une habitation sur quatre ou cinq en Suisse et dans d’autres pays européens (OFSP, «Problèmes d’humidité et moisissures»). Ce n’est donc ni marginal ni réservé aux logements insalubres.

Le mécanisme est simple. Selon le guide «Attention aux moisissures», publié par l’OFSP avec l’ASLOCA, la HEV et la SVIT, un ménage de quatre personnes libère en moyenne sept litres et demi de vapeur d’eau par jour, et jusqu’à douze litres en cas de forte consommation. Cette vapeur vient de la respiration, de la cuisine, des lessives, des douches et des bains. Elle condense en priorité là où les surfaces sont les plus froides.

Les recommandations chiffrées de l’OFSP tiennent en deux lignes: viser une humidité relative comprise entre 30 et 50 %, et ne pas dépasser 40 % les jours très froids. Au-dessus de 50 %, les acariens prolifèrent et, dans les zones humides, les moisissures aussi. Le guide précise même qu’une humidité avoisinant les 50 % suffit à provoquer de la condensation en automne et en hiver dans une ancienne construction mal isolée.

Un hygromètre à quelques dizaines de francs vous donne cette information. C’est probablement l’achat le plus rentable avant tout meuble, parce qu’il vous dit si votre pièce est un lieu ordinaire ou un cas à risque.

La règle des 10 centimètres

C’est la recommandation la plus directement utile pour qui meuble une petite pièce humide, et elle est rarement citée. Le guide de l’OFSP recommande de laisser une distance de 10 centimètres entre les meubles et les murs extérieurs, et d’éviter de poser de grands meubles, armoires ou parois murales, contre les murs extérieurs ou dans les angles de ces murs.

L’explication figure dans le même document: dans les vieilles maisons mal isolées, les murs extérieurs et surtout leurs angles sont froids parce qu’ils subissent une déperdition de chaleur, et la circulation de l’air chaud y est plus difficile. Un grand meuble plaqué contre cette paroi bloque le peu de circulation qui reste. Le guide illustre d’ailleurs le cas par une photo légendée «Grande zone de moisissures derrière des meubles».

Dans une salle de bain de 3 m², sacrifier 10 cm sur une paroi fait mal. Mais c’est précisément l’arbitrage à faire consciemment plutôt que de le découvrir deux ans plus tard en décollant une colonne du mur. Deux conséquences pratiques:

  • Si vous avez le choix, placez la colonne ou l’armoire haute contre une cloison intérieure, qui est à température ambiante des deux côtés, et réservez le mur extérieur aux éléments bas ou suspendus qui laissent l’air circuler.
  • Le guide va plus loin pour les cas difficiles: dans les vieilles maisons mal isolées thermiquement, les placards encastrés ne doivent pas être installés contre les murs extérieurs froids. Si le risque interdit tout meuble contre ces murs, l’OFSP note que l’ameublement s’en trouve nettement compliqué et qu’il vaut alors la peine d’envisager un assainissement du bâtiment.

Le mobilier suspendu, souvent présenté comme un truc esthétique pour «alléger visuellement» la pièce, a donc surtout une justification physique: il libère l’air sous le meuble et rend le sol nettoyable et séchable.

Ventiler: ce que dit la pratique suisse

Les recommandations de l’OFSP sur l’aération sont précises. En règle générale, aérer en faisant des courants d’air au moins trois fois par jour, en ouvrant toutes les fenêtres et les portes pendant cinq à dix minutes. Lorsqu’une quantité importante de vapeur se produit, en cuisinant, en se douchant, en se baignant ou en repassant, il faut actionner les ventilateurs aspirants et empêcher que trop de vapeur pénètre dans les autres pièces. À défaut de ventilateur, aérer pendant ou immédiatement après la production d’humidité.

Deux détails comptent pour la durée de vie du mobilier. D’abord, une fenêtre embuée est toujours le signe d’un excès d’humidité: dès qu’elle s’embue, il faut aérer. Ensuite, laisser un vasistas ouvert en permanence en hiver est contre-productif, parce que les murs et les sols près de la fenêtre se refroidissent et que le risque de condensation augmente justement à ces endroits.

Le portail energie-environnement.ch ajoute le point qui explique la plupart des mauvaises surprises après rénovation: quand on remplace une vieille fenêtre par une fenêtre étanche sans prévoir d’autre entrée d’air, l’évacuation tire mal, y compris pour l’extracteur électrique des WC ou de la salle de bain, et l’humidité n’est plus évacuée (energie-environnement.ch, «Aération / ventilation»). Si votre extracteur semble tourner dans le vide depuis le changement des fenêtres, ce n’est probablement pas l’extracteur qui est en cause.

Un dernier conseil de l’OFSP concerne les habitudes: éviter de sécher le linge dans les pièces habitables, et ne pas humidifier un appartement qui connaît déjà des problèmes d’humidité. Dans une petite salle de bain, la tentation de suspendre le linge sur le sèche-serviettes est forte. C’est un choix qui charge l’air de la pièce la plus exposée du logement.

Mesurer avant d’acheter

Le relevé qui évite les retours

Relevez la largeur, la profondeur et la hauteur, puis reportez sur le plan les éléments que vous ne déplacerez pas: position exacte des arrivées et évacuations d’eau, hauteur du siphon du lavabo, sens et débattement de la porte, position des prises et des interrupteurs, hauteur d’allège de la fenêtre. Un meuble sous-vasque du commerce peut être parfaitement dimensionné pour la pièce et rester inutilisable parce que le siphon tombe au milieu du tiroir.

Trois cotes déterminent ensuite la faisabilité:

  • La profondeur du meuble sous-vasque. Les gammes courantes descendent à 35 ou 40 cm au lieu des 45 à 50 cm standard. Vingt centimètres gagnés au sol se sentent immédiatement dans une pièce de 3 m².
  • Le débattement de la porte de la pièce. Une porte qui ouvre vers l’intérieur consomme environ 0,8 m² inutilisables. Passer à une porte coulissante ou inverser le sens d’ouverture libère souvent plus de surface que n’importe quel meuble malin, mais reste un travail de bâtiment soumis à autorisation dans un logement loué.
  • La hauteur libre au-dessus des sanitaires. Un meuble haut placé au-dessus des WC doit laisser assez de recul pour ne pas se cogner la tête en se relevant.

Une cote de référence utile même chez soi

Si vous cherchez un ordre de grandeur pour les dégagements, la norme SIA 500 «Constructions sans obstacles» sert de référence en Suisse pour les logements accessibles. Le Centre suisse pour une architecture sans obstacles rappelle que, dans la plupart des cantons, des mesures sont prescrites pour la construction et la transformation de bâtiments résidentiels à partir de quatre ou cinq unités d’habitation, et que les exigences minimales figurent aux chapitres 9 et 10 de cette norme (Architecture sans obstacles, «Constructions avec des logements»).

Cette norme ne s’applique pas à une villa individuelle ni au réaménagement d’une salle de bain existante dans un petit immeuble, et elle n’est pas gratuite: elle se commande auprès de la Société suisse des ingénieurs et des architectes. Mais si vous rénovez en pensant y rester longtemps, la logique d’adaptabilité qu’elle défend vaut la peine d’être connue avant de sceller des meubles. Pour les aménagements liés à la mobilité réduite, nous détaillons les solutions courantes dans notre article sur le mobilier inclusif pour la mobilité réduite, et les questions d’ergonomie au fil de l’âge dans celui consacré au mobilier pour seniors.

Matériaux: ce qui tient, ce qui gonfle

Panneaux dérivés du bois

L’essentiel du mobilier de salle de bain vendu en Suisse est en panneau de particules ou en MDF, revêtu de mélamine ou laqué. Ces matériaux fonctionnent tant que le revêtement et surtout les chants restent intacts. Le point faible n’est presque jamais la face visible: c’est le chant inférieur du meuble sous-vasque, le perçage des charnières et la découpe autour du siphon, souvent laissés bruts. L’eau entre par là, le panneau gonfle, et le gonflement est irréversible.

Deux réflexes concrets: vérifier avant l’achat que tous les chants sont plaqués, y compris ceux qui ne se voient pas, et étancher soi-même les découpes réalisées après coup avec un vernis ou un joint adapté. Pour un meuble mélaminé déjà abîmé, la réparation et la remise en état sont traitées dans notre guide sur la rénovation d’un meuble en mélamine, et les précautions de finition dans celui sur la peinture d’un meuble MDF.

Les panneaux hydrofuges existent et se justifient dans une pièce très sollicitée. Le terme «hydrofuge» décrit une résistance améliorée à l’humidité ambiante et aux projections, pas une étanchéité. Aucun panneau dérivé du bois ne supporte une immersion prolongée.

Formaldéhyde et qualité de l’air

Une petite salle de bain concentre beaucoup de surface de panneau dans peu de volume d’air, avec une aération souvent limitée. La question des émissions est donc plus pertinente ici qu’ailleurs.

L’OFSP recommande de ne pas dépasser une concentration de formaldéhyde de 0,1 ppm dans l’air des locaux d’habitation et de séjour, ce qui correspond à 125 microgrammes par mètre cube. Cette valeur marque le seuil au-delà duquel les concentrations représentent un risque pour la santé; l’office précise que son respect n’assure pas pour autant une bonne qualité de l’air intérieur et que l’exposition doit rester aussi faible que possible (OFSP, «Formaldéhyde»).

Pour choisir, l’OFSP renvoie aux labels: sa page consacrée à l’aménagement pauvre en polluants cite l’Ange bleu, le GuT et l’Oeko-Tex Standard 100, et renvoie à la plateforme labelinfo.ch pour comparer les écolabels et labels de santé (OFSP, «Aménagement pauvre en polluants»). Nous avons détaillé cette question dans nos articles sur le mobilier sans formaldéhyde et sur les labels éco-responsables du mobilier.

Si vous peignez ou vernissez un meuble dans la pièce, le sujet des composés organiques volatils se pose aussi; nous traitons le cadre suisse dans notre article sur les peintures et vernis bas COV.

Bois massif, métal, verre, pierre

Le bois massif se comporte bien s’il est correctement fini et régulièrement entretenu, mais il travaille avec les variations d’humidité: un plateau large peut jouer de plusieurs millimètres entre l’été et l’hiver. Prévoyez ce mouvement dans les fixations plutôt que de brider la pièce.

Le teck et les essences riches en résines naturelles résistent bien à l’eau, ce qui explique leur usage traditionnel dans les salles de bain et sur les bateaux. Ils coûtent nettement plus cher et demandent un entretien périodique. Renseignez-vous sur l’origine et la certification: pour du bois tropical, un label de gestion forestière reconnu est le minimum.

Le métal doit être inoxydable ou correctement traité. L’acier peint bon marché rouille d’abord aux points de perçage et aux soudures. Le verre et la pierre ne craignent pas l’eau mais marquent au calcaire, ce qui devient visible en quelques semaines dans une région à eau dure.

Un mot sur l’entretien courant: le calcaire et les résidus de savon attaquent les finitions plus vite que l’eau elle-même. Essuyer la vasque et le plan après usage change réellement la durée de vie du meuble, surtout pour les laques brillantes.

Fixations: la partie que l’on rate le plus souvent

Le mobilier suspendu ne pardonne pas l’approximation. Un meuble sous-vasque suspendu chargé d’une vasque en céramique, d’eau et de produits pèse facilement 40 à 60 kg, appliqués en porte-à-faux sur deux points d’ancrage.

Le paramètre décisif est le support. Une paroi porteuse en béton ou en brique pleine accepte une cheville lourde adaptée. Une cloison légère en plaques de plâtre sur ossature métallique exige soit de viser les montants, soit d’utiliser des chevilles à expansion spécifiques, soit de poser un renfort dans la cloison. Percez un trou témoin et observez ce qui ressort: poussière blanche fine pour le plâtre, grise et granuleuse pour le béton, rougeâtre pour la brique. En cas de doute sur un mur qui sonne creux, faites appel à un professionnel plutôt que de tester sur le meuble chargé.

Avant de percer, repérez les conduites. Les canalisations d’eau et les gaines électriques suivent en principe des tracés verticaux et horizontaux depuis les appareils et les boîtes, mais rien ne garantit qu’un ancien propriétaire ait respecté ces zones. Un détecteur multimatériaux à 60 francs coûte moins cher qu’une conduite percée.

Nous avons détaillé les systèmes de fixation invisibles dans notre guide sur les visseries invisibles pour suspendre ses meubles, et la pose d’étagères murales dans celui sur les étagères flottantes.

Si vous êtes locataire et que vous voulez limiter les trous, les solutions sans perçage existent, avec des limites de charge à respecter scrupuleusement dans une pièce humide, où les adhésifs vieillissent mal. Nous les avons passées en revue dans notre article sur le mobilier pour locataires sans perçage, et le cas particulier du grand miroir dans celui sur l’installation d’un miroir XXL sans percer.

Électricité: ce que vous pouvez faire, ce que vous ne pouvez pas

C’est le point où les guides d’aménagement deviennent vagues et où le droit suisse, lui, est explicite. L’ordonnance sur les installations à basse tension (OIBT, RS 734.27) fixe le cadre.

Son article 6 pose le principe: celui qui établit, modifie ou entretient des installations électriques, et celui qui veut y raccorder à demeure des matériels électriques fixes, doit être titulaire d’une autorisation d’installer accordée par l’Inspection fédérale des installations à courant fort (OIBT, art. 6).

L’article 16 prévoit des exceptions étroites pour son propre logement. Sans autorisation, dans le logement qu’on occupe en propre ou ses locaux annexes, on peut installer des prises et des interrupteurs sur des équipements existants, sur des circuits terminaux monophasés précédés d’un coupe-surintensité divisionnaire, à condition que les installations soient protégées par un disjoncteur à courant différentiel-résiduel de 30 mA au maximum. On peut également raccorder ou débrancher des luminaires et remplacer des interrupteurs dans ce même logement.

Trois conséquences pour un projet de salle de bain:

  • Remplacer un miroir lumineux existant par un autre modèle raccordé au même point relève du raccordement de luminaire. Créer une nouvelle alimentation pour un miroir chauffant, un sèche-serviettes électrique ou une prise supplémentaire près de la vasque relève de l’installation et exige un professionnel autorisé.
  • La condition du disjoncteur différentiel de 30 mA n’est pas décorative. Dans un logement ancien qui n’en est pas équipé, l’exception ne s’applique pas.
  • Ces exceptions visent le logement occupé en propre. Un locataire n’est pas propriétaire de l’installation et reste par ailleurs soumis à l’accord du bailleur pour toute modification.

L’ordonnance impose aussi au propriétaire de veiller à ce que l’installation réponde en tout temps aux exigences et de présenter sur demande un rapport de sécurité (art. 5). Son annexe précise la périodicité des contrôles: toutes les autres installations électriques, catégorie qui couvre les logements ordinaires, sont soumises au contrôle tous les 20 ans, et les installations soumises au contrôle tous les 10 ou 20 ans doivent en outre être contrôlées à chaque changement de propriétaire si le dernier contrôle date de cinq ans. Les directives techniques publiées par l’ESTI sont accessibles sur son site.

Pour un ruban LED sous un meuble, la question pratique est celle du raccordement: un ruban basse tension alimenté par un bloc branché sur une prise existante ne pose pas les mêmes questions qu’une alimentation encastrée et raccordée à demeure. Nous avons traité les usages de l’éclairage intégré dans notre article sur l’éclairage LED intégré dans les meubles.

Locataire: obtenir l’accord écrit, et pourquoi ça vous protège

En Suisse, une part importante des ménages est locataire, et le droit du bail encadre précisément les transformations. L’article 260a du Code des obligations dit trois choses (CO, art. 260a):

  1. Le locataire n’a le droit de rénover ou de modifier la chose qu’avec le consentement écrit du bailleur.
  2. Lorsque le bailleur a donné son consentement, il ne peut exiger la remise en état de la chose que s’il en a été convenu par écrit.
  3. Si, à la fin du bail, la chose présente une plus-value considérable résultant de la rénovation ou de la modification acceptées par le bailleur, le locataire peut exiger une indemnité pour cette plus-value.

L’alinéa 2 est celui qu’on oublie: un accord écrit sans clause de remise en état signifie que le bailleur ne peut pas vous imposer de tout redémonter au départ. C’est donc l’accord écrit qui vous protège, pas l’absence de trace. Demander par écrit, en décrivant précisément ce que vous voulez poser, est dans votre intérêt et non une formalité.

En pratique, la frontière se situe autour de l’irréversibilité. Poser une colonne autoportante, une desserte ou un panier sur pied ne modifie rien. Percer une paroi pour une colonne suspendue, remplacer le meuble sous-vasque d’origine, changer la robinetterie ou déplacer une prise sont des modifications. Conservez le meuble d’origine si vous le remplacez: c’est souvent la manière la plus simple de clore la discussion au moment de la restitution.

Si des moisissures apparaissent, l’OFSP est clair sur la marche à suivre côté relationnel: il recommande aux locataires de signaler rapidement au propriétaire ou à la gérance la présence d’humidité, de moisissures ou d’indices tels que des odeurs, et rappelle qu’il n’est pas compétent pour les questions de droit du bail, renvoyant à l’ASLOCA, à la HEV, à HabitatDurable, aux autorités de conciliation ou aux offices des locations. Signaler par écrit et rapidement est important, car le partage des responsabilités dépend en général de la cause du problème et du moment où elle a été annoncée.

Implantations qui fonctionnent réellement

Le meuble sous-vasque

C’est le rangement le plus rentable de la pièce, à condition d’accepter que le siphon mange le volume central. Les tiroirs en U, échancrés pour contourner l’évacuation, exploitent bien mieux le volume que deux portes battantes devant une étagère fixe, parce qu’ils rendent visible ce qui se trouve au fond. Les portes battantes ont l’avantage d’être moins chères et de ne rien exiger comme dégagement latéral.

Vérifiez la course d’ouverture avant d’acheter: dans une pièce étroite, un tiroir sorti à fond peut buter contre la porte des WC ou la paroi de douche.

La colonne

Une colonne de 30 à 35 cm de large et 30 cm de profondeur offre beaucoup de rangement pour très peu d’emprise au sol. Le compromis se joue sur la profondeur: au-delà de 35 cm, elle commence à gêner la circulation dans un couloir de passage étroit et à assombrir la pièce. Rappel de la section précédente: si la colonne doit aller contre un mur extérieur, réévaluez la position ou prévoyez le retrait recommandé par l’OFSP.

L’armoire à glace

Le meuble à miroir est le seul élément qui remplit deux fonctions sans emprise supplémentaire: il range et il réfléchit. C’est aussi celui qui bénéficie le plus de la lumière, puisqu’un éclairage placé de part et d’autre du visage, plutôt qu’au-dessus, supprime les ombres portées gênantes pour se raser ou se maquiller.

Sur l’effet des surfaces réfléchissantes dans les petits volumes, nous avons rassemblé ce qui marche et ce qui relève de la croyance dans notre article sur les miroirs pour agrandir visuellement un espace.

Les angles et les niches

Un lavabo d’angle libère du passage dans une pièce en L, au prix d’une vasque plus petite. Une niche entre montants de cloison, quand elle existe déjà, offre 8 à 10 cm de profondeur utile sans rien empiéter. Ne créez pas une niche dans une paroi sans savoir si elle est porteuse ou si elle contient des conduites.

Pour les petits volumes de rangement complémentaires, notre sélection de petits meubles de rangement et notre guide sur les armoires à portes coulissantes couvrent des cas voisins.

Eau et énergie: des ordres de grandeur suisses

Quand on refait une petite salle de bain, l’occasion de changer la robinetterie se présente naturellement. Quelques chiffres publiés par les services cantonaux de l’énergie et de l’environnement aident à décider.

En Suisse, la consommation est d’environ 140 litres d’eau potable par personne et par jour, pour un prix moyen de l’eau distribuée au robinet d’environ 2 francs par mètre cube (energie-environnement.ch, «Situer sa consommation d’eau»). La répartition indicative de ces 140 litres place la chasse des WC en tête avec 40 litres, suivie des bains et douches avec 36 litres, de la cuisine et de la vaisselle à la main avec 22 litres, du lave-linge avec 17 litres et des soins corporels avec 16 litres.

Sur les équipements, le même portail indique que des robinets-mitigeurs économes peuvent faire baisser la consommation d’eau chaude de 30 %, notamment en limitant le débit à moins de 6 litres par minute quelle que soit la pression du réseau. Les pommeaux de douche économes, faciles à changer soi-même, débitent moins de 12 litres par minute, ce qui met une douche de cinq minutes sous 60 litres, soit le quart d’un bain (energie-environnement.ch, «Investir pour économiser l’eau»). Les dispositifs sanitaires portent une étiquette-énergie, les meilleurs étant classés A.

Le pommeau de douche est probablement le seul geste de ce guide qui se fait en cinq minutes, sans outil, sans autorisation et sans modifier l’installation.

Un point de sécurité sanitaire mérite d’être mentionné parce qu’il touche au réglage du chauffe-eau, souvent tripoté lors d’une rénovation. Le guide de l’OFSP recommande de ne pas maintenir une température d’eau chaude trop élevée, pour prévenir la corrosion et économiser l’énergie, mais précise que pour des températures basses de 50 à 55 °C, le réservoir doit être chauffé une fois par semaine au-dessus de 60 °C à l’aide du commutateur anti-légionelle. Baisser la consigne sans activer ce cycle n’est pas un bon compromis. En cas de doute sur votre installation, la question relève de l’installateur sanitaire.

Éclairage et couleurs: ce qui aide vraiment

Une petite salle de bain sans fenêtre dépend entièrement de l’éclairage artificiel. Deux principes tiennent après le passage des modes: éclairer le visage latéralement plutôt que par le plafond, et éviter la source unique centrale qui écrase les volumes et projette votre propre ombre sur le miroir.

Les teintes claires renvoient davantage de lumière que les teintes sombres, ce qui est un fait optique et non une question de goût. Ce que les couleurs claires ne font pas, c’est agrandir la pièce: elles la rendent plus lumineuse, et la sensation d’espace vient surtout du dégagement au sol et de la continuité des surfaces. Une petite salle de bain sombre mais bien rangée peut être plus agréable qu’une petite salle de bain blanche encombrée.

Sur le calcul des niveaux d’éclairement et les erreurs courantes, voir nos articles sur le calcul du lux nécessaire et sur les erreurs d’éclairage indirect.

Erreurs fréquentes

Remplir tout le volume disponible. Une petite salle de bain saturée de rangements devient difficile à nettoyer, et chaque meuble supplémentaire est une surface derrière laquelle l’air ne circule plus. Trier avant d’acheter reste la mesure la plus efficace, et la plus gratuite.

Plaquer un grand meuble contre le mur extérieur. Voir la recommandation de 10 cm de l’OFSP. C’est l’erreur la plus coûteuse à réparer, parce qu’elle abîme à la fois le meuble et le mur.

Négliger les chants et les découpes. Le meuble ne meurt pas par sa façade mais par son chant inférieur et le trou du siphon.

Bricoler l’électricité au-delà de l’article 16 OIBT. Créer une alimentation pour un miroir chauffant ou une prise supplémentaire n’entre pas dans les exceptions prévues pour le logement occupé en propre.

Transformer sans accord écrit du bailleur. L’accord écrit n’est pas seulement une obligation légale, c’est aussi ce qui vous dispense de remettre en état si aucune clause ne le prévoit.

Traiter les moisissures en surface sans chercher la cause. L’OFSP insiste sur ce point: éliminer rapidement ne suffit pas, il est essentiel de comprendre d’où provient l’humidité. L’office ajoute que, selon l’état actuel des connaissances, il n’existe aucune méthode fiable et significative pour mesurer la moisissure cachée, ce qui relativise les offres de mesure vendues aux particuliers. Pour un assainissement, il renvoie aux procédures décrites par la SUVA et l’Association suisse des entreprises en plâtrerie peinture.

Une méthode en huit étapes

  1. Mesurer un hygromètre en main pendant une semaine, matin et soir, pour savoir si vous êtes dans la fourchette de 30 à 50 % recommandée par l’OFSP.
  2. Relever la pièce avec les conduites, les prises, la hauteur du siphon et le débattement de la porte.
  3. Identifier les murs extérieurs et les angles froids, et les exclure des emplacements de grands meubles.
  4. Trier le contenu actuel avant de dimensionner les rangements.
  5. Choisir les meubles en vérifiant les chants, la profondeur réduite et la course d’ouverture.
  6. Vérifier la nature des cloisons et le système de fixation adapté avant de percer.
  7. Trancher ce qui relève du professionnel: raccordement électrique à demeure, déplacement de sanitaire, création de niche dans une paroi inconnue.
  8. Si vous êtes locataire, demander l’accord écrit avant les travaux, en précisant s’il y a ou non remise en état.

Sources